Communiquer pour mieux soigner par la mise en application de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL)

Par Mme Nadia Hached Cadre Paramedical au CHU Mustapha d'ALGER service cardiologie A1
Par Mme Nadia Hached Cadre Paramedicale au CHU Mustapha d’ALGER service cardiologie A1

Résumé :

Pour communiquer efficacement, le  recours à la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) s’avère impérieux car elle est accessible à tous et interactive avec d’autres domaines.

La PNL a été mise au point en 1972 par John Grinder professeur de linguistique et Richard Bandler mathématicien et psychothérapeute, les deux hommes avaient décidé d’étudier les excellents résultats obtenus par certains professeurs parmi lesquels, Fritz Perls fondateur de la gestalthérapie et Milton Erickson le père de la nouvelle hypnose.

Bandler et Grinder résolurent en une seule méthode  les éléments  de communication afin de définir les termes d’un savoir-faire  conduisant à coup sûr au succès.

Cette méthode de psychologie appliquée propose de mieux se connaitre pour entrer en relation et exprimer ce que l’on veut, elle insiste également sur le rôle des sens et sur l’importance de l’authenticité dans la communication.

L’infirmière est souvent le pivot de la communication interprofessionnelle, cette méthode lui permet d’acquérir de nouvelles techniques grâce auxquelles elle communiquera autrement.

Mots clés ;

Communication-programmation neuro -linguistique-apprentissage-stratégie

Introduction :

La PNL ne peut être qu’une stratégie innovante et perspicace dans toute opération de communication interhumaine, car elle développe le sens de l’observation, de la conversation afin d’aboutir à un accord consensuel et de concertation d’ordre social, psychologique et même professionnel.

1-Aperçu historique, technique et linguistique

  • La PNL est un ensemble d’outils permettant de s’intéresser à la manière dont nous captons l’information
  • Art de la modélisation
  • Permet d’assurer notre développement personnel
  • Négocier une solution qui contente tout le monde
  • Gérer notre temps et nos précieuses ressources, autrement dit, on observe les comportements, on relève des irrégularités, on tente ensuite de classer les observations et d’élaborer des stratégies adaptées aux difficultés qu’on rencontre.

La programmation : fait référence à la comparaison entre l’ordinateur et le cerveau qui crée et applique des « « programmes » de comportements, ce terme désigne les processus dynamiques de perception et de représentation sensorielle, d’organisation de la pensée et les comportements.

Neuro : L’apprentissage s’acquiert par la mise en place de certains circuits dans notre système neurologique.

La PNL  s’intéresse directement à la création et à la modification de ces circuits.

Linguistique : pour intervenir sur cette bio-machine que sont : notre cerveau et notre système  nerveux, nous allons nous appuyer sur le langage ; les mots sont porteurs d’expériences, c’est surtout à travers eux que nous codifions notre vécu.

Le langage que nous utilisons est en fait révélateur du mode de perception que nous privilégions à un moment donné : visuel, auditif, kinesthésique, olfactif ou gustatif(VAKOG), repérer cela va nous permettre de mieux nous caler sur le mode de fonctionnement privilégié de notre interlocuteur ; de nombreuses choses découlent de cette linguistique.

On peut considérer que, d’une certaine manière, notre cerveau et notre système nerveux nous ont été légués sans mode d’emploi précis, par le moyen du langage, nous pouvons susciter des états et créer des connexions neurologiques qui vont faciliter notre apprentissage, voir modifier les enseignements que nous avons tirés de nos expériences passées (programmation) ;

 

Objectifs  généraux:

  • Compréhension des mécanismes de collaboration entre médicaux-paramédicaux dans une structure de santé
  • Intégrité du groupe
  • Diminuer les obstacles qui parasitent la communication
  • Améliorer les moyens de communication au sein d’un service de soin
  • Eviter les erreurs médicales
  • Diminuer le nombre d’hospitalisations
  • Diagnostic précoce-traitement adéquat
  • Eviter les conflits
  • Changer les problèmes en solutions

Objectif principal :

  • Assurer la sécurité du patient

2- Perspectives de la PNL

  • Qu’est ce que les niveaux logiques ?

D’après Robert Dilts qui a repris les travaux sur les niveaux logiques d’apprentissage de l’anthropologue Gregory Bateson, nous sommes psychologiquement organisés en niveaux logiques, des ensembles de processus qui influent les uns sur les autres de manière hiérarchique.

  • Notre environnement : où et quand ?

C’est notre entourage, les gens que nous rencontronset les lieux, événements auxquels nous nous réagissons ; Les facteursenvironnementaux déterminent le contexte et les contraintes sous lesquelles les personnes agissent.

En somme, nous pouvons dire que toutes nos idées et créations mentales (architecture, technologie, système économique/ politique) prennent vie matériellement dans notre environnement.

  • Notre comportement : quoi / quoi faire ?

Ce sont des actions et attitudes mises en œuvre dans notre environnement indépendamment de notre compétence, c’est ce que l’individu fait correctement dans la société ; Lemoindre changement dans ce niveau produit des effets remarquables.

  • Nos capacités : comment faire ?

Il s’agit de l’ensemble des compétences dont nous disposons, qui sont indispensables pour produire nos comportements selon l’environnement dans lequel nous nous trouvons, c’est le niveau des stratégies et savoir-faire.

  • Nos croyances et valeurs : pourquoi ?

Les niveaux inferieurs sont desmodèles par nos croyances et valeurs.

Nos croyances sont des idées que nous pensons vraies et sur lesquelles nous ne changeons pas d’avis facilement ; exemple si nous nous croyons incapablesd’apprendre (croyance), parce que nous sommes trop vieux (valeur « jeunesse ») ou trop bête (valeur « intelligence »), nous allons saboter nos capacités d’apprentissage.

  • Notre identité : qui suis-je ?

L’identité d’une personne est le socle de son existence, c’est le « qui » derrière le où, quand, comment, pourquoi, c’est le sentiment d’unicité que nous avons et qui nous pousse à  rester identique et cohérent vis-à-vis de nous tout le long de notre vie.

C’est aussi la représentation interne que nous avons chacun de nous même et cette représentation influence elle-même tous les autres niveaux logiques.

 

  • Notre sens : A quoi fais-je partie ?

Le sens ou encore le niveau logique spirituel ou transpersonnel se concentre sur les relations entre l’individu et le système le plus vaste qui l’englobe et dans lequel il interagit ; on parle ici d’appartenance, que ce soit à notre entreprise, notre pays, l’univers ou notre conception de Dieu ; c’est le système avec lequel l’individu se sent connecté pour qui son comportement(actions et attitudes sont dirigées) lui donnant ainsi une vision à long terme, un sens et un but à ses actes, capacités, croyances et son identité.

3-Les bases de la PNL :

3.1 La carte n’est pas le territoire

Une des présuppositions essentielles de  l’approche  en  PNL est que « la carte n’est pas le territoire », Nous emmagasinons les informations de notre environnement, des événements, des gens, selon notre propre système de représentation, notre carte du monde.

La représentation interne que nous avons d’un événement extérieur est donc différente de l’événement proprement dit ; cette notion de « la carte n’est pas le territoire » provient du mathématicien polonais Alfred Korsybsky(1933) qui a écrit que la perception du monde(le territoire) passait par l’intermédiaire  de nos cinq sens : la vue, l’ouïe, le Toucher, l’odorat et le goût. On prend ces stimuli externes pour s’en faire une représentation interne dans notre cerveau (la carte), nos sens nous bombardent de plus de stimuli que ce que notre conscient peut retenir : Nos filtres travaillent pour retenir ce qui est essentiel pour nous au moment ou ça se passe, en plus des filtres des cinq sens, la réalité passe également par le filtre de nos valeurs, notre éducation, nos croyances, nos souvenirs, notre culture.

Notre vision du monde (notre carte), ce que nous considérons comme notre réalité est donc le résultat de notre machine à filtre, et nous avons tous notre machine.

      3.2 Impact de l’interaction conversationnelle-observationnelle dans la conception pratique de  la communication :

La communication est un art qui s’acquiert en  faisant appel à l’ensemble de nos sens.

La PNL définit ainsi trois principaux systèmes de représentation sensorielle :

Système visuel-système auditif- système kinesthésique ((VAK)

Quelque soit la situation de communication, il y’a toujours la sollicitation d’une voie sensorielle ; parfois, faute d’utiliser le bon chemin sensoriel, nos arguments ne « « passent pas », il nous faut alors choisir de passer par la porte ouverte, plutôt que de tenter d’obliger les autres à emprunter notre voie personnelle.

 3.2.1 Identifier le rapport :

Identifier le rapport  grâce à l’observation du comportement non verbal, c’est découvrir comment entrer facilement en contact avec  notre interlocuteur pour ensuite établir rapidement un solide climat de confiance, condition incontournable d’une bonne collaboration, quelque soit la situation de communication, vous découvrirez l’importance du comportement non verbal, de l’espace relationnel, du temps, vous serez de plus en plus à l’aise avec les notions de représentations sensorielles.

3.2.2 Trouver sa place conversationnelle :

Sachant que les différences individuelles sont très variables, selon les individus et leur culture,  différentes distances conversationnelles s’imposent, chacune correspond à l’occupation de l’espace par les acteurs de l’interaction.

3.2.3 Se mettre en phase de mimétisme comportemental :

Les phénomènes de mimétisme comportemental, ou synchronie interactionnelle apparaissent naturellement dans des situations de communication.

Il s’agit de vous adapter à la gestuelle particulière de votre interlocuteur sans pour autant le mimer avec exactitude, s’accorder au rythme de la respiration nous permet également  de parler au même rythme que l’autre.

Une fois synchronisé au rythme de la respiration, il est très facile de s’accorder à la qualité de la voix, il ne s’agit pas de l’imiter, mais plutôt de se mettre en rythme, modifier légèrement le rythme de la parole et le volume de la voix, ces  deux éléments suffisent largement quand il s’agit de maintenir le rapport.

3.2.4 S’accorder au registre sensoriel :

Lorsque la synchronisation est effectuée au niveau du non verbal, il ne reste plus qu’à  s’accorder au registre sensoriel dominant, cela implique de l’avoir identifier par l’observation du comportement dans sa globalité et cela par le choix des mots à référence sensorielle.

S’accorder au registre sensoriel est une étape essentielle qui permet d’approcher les mécanismes cognitifs les plus personnels de l’interlocuteur.

3.3    Les quatre  étapes de l’apprentissage

3.3.1 Inconscient incompétent :

La personne n’a pas la compétence et n’a pas conscience de ce manque de compétence, à cette étape il y’a donc insuffisance de savoir ou d’expérience pour comprendre  ou mettre en œuvre un principe d’action (utiliser une compétence).

       La personne ne sait pas qu’elle n’a pas la capacité à comprendre et faire.

3.3.2 Conscient incompétent :

La  personne prend conscience de son manque de compétence, ou bien la personne croit qu’elle n’est pas capable de comprendre ou faire.

3.3.3 Conscient compétent :

La personne s’engage dans le processus conscient d’acquisition de compétence manquante.

3.3.4 Inconscient compétent :

La personne atteint un stade où la compétence est complètement installée et ne nécessite plus d’accompagnement ; la  personne atteint un seuil d’expérience suffisant pour appliquer un principe d’action (utiliser une aptitude).

4- La performance des experts est basée sur une compétence inconsciente

  • L’infirmière et la PNL :

Au cours de notre travail en tant que  professionnel de la santé, nous rencontrons parfois des malades avec lesquels, il est difficile d’établir un lien de confiance, en tenant en compte  leur état psycho-social, leurs troubles d’humeur, leur agressivité, violence, frustration et possiblement leur peur qui sous-tend leur force d’opposition.

Il en va ainsi, parce que nous sommes responsables de la relation soignant-soigné susceptible de pouvoir l’influencer positivement.

D’après Margot Phaneuf inf Phd « Dans la chaleur de l’empathie soignante, l’alliance thérapeutique permet aux malades de s’engager avec l’infirmière à travailler à son mieux- être », aussi d’après Margot Phaneuf inf Phd « Celui qui  sait parler avec ses mains, écouter aves ses yeux, entendre avec le silence celui là sait guérir ! » ;

L’infirmière est souvent le pivot de la communication entre les membres de l’équipe soignante, l’approche de la PNL lui permet de renforcer ses connaissances et surtout la connaissance de soi, l’estime de soi, la capacité d’affirmation et la capacité d’auto-évaluation .Dans une structure de santé les outils de la PNL permettent à l’infirmière de réaliser des objectifs clairs et précis tout en mettant des principes de communication  adaptés au travail en équipe.

Ainsi, elle pourra utiliser les technologies de la communication (protocole) afin d’améliorer la qualité des soins.

Comprendre la PNL permet aussi à l’infirmière d’accepter les points de vue des autres « la carte n’est pas le territoire », s’adapter à différentes cultures et développer l’écoute active,  ce qui lui permettra d’une manière ou d’une autre à gérer certains conflits.

L’infirmière expérimentée ayant acquis ces compétences est capable de s’engager et coordonner….donc mener une réunion de travail, de définir les objectifs du service (projet du service), prendre des  décisions pour instaurer des changements, participer à des séances d’APP (analyse des pratiques professionnelles), d’où sa capacité d’accompagner et d’orienter les nouveaux diplômés.

Conclusion

Le domaine de la santé est par essence un milieu exigeant et impliquant, dans lequel le personnel soignant et encadrant emploie son temps à apporter de l’aide et prodiguer des soins à des personnes en souffrances physiques et/ou psychiques.

L’approche de la PNL, à cette échelle, est une possibilité supplémentaire pour faciliter l’équilibre systémique des relations humaines au sein d’une organisation complexe telle la structure hospitalière.

Bibliographie

  • Livre de Catherine cudicio : coach en PNL.
  • Livre d’enthony Robins : pouvoir illimité.
  • Livre d’Alfred Korsybsky : la carte n’est pas le territoire.
  • Site internet : Margot Phaneuf inf Phd.

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